L’intersyndicale attend des réponses concrètes
Après le succès de la mobilisation du 29 janvier, les organisations syndicales ont tenu à maintenir la pression sur le gouvernement et le patronat en rappelant leur unique objectif : obtenir des mesures concrètes aidant les salariés face à la crise.
Deux millions de personnes mobilisées aux quatre coins de la France . La journée du 29 a été à la hauteur des enjeux : un rendez-vous incontournable pour faire entendre la voix des salariés. À noter, la présence massive du privé, en particulier en province. Mais également la forte représentation de certains secteurs : hôpitaux, assistance sociale, Éducation nationale, banque, automobile, agroalimentaire…
Au lendemain de la mobilisation, François Chérèque a donné le « la » : « C'est une journée réussie. Ce sont les plus grandes manifestations de salariés depuis une vingtaine d'années. Maintenant, c'est au gouvernement et au patronat d'apporter des réponses, avec des mesures concrètes pour les salariés. » Or pour l’heure, les réponses gouvernementales sont loin d’avoir pris la mesure de leurs attentes. Le soir de la manifestation, le chef de l’État s’est contenté de confirmer qu’il recevrait les organisations syndicales courant février (date fixée au 18 février) pour évoquer l’agenda social de l’année 2009 – une réunion déjà prévue lors de ses vœux aux partenaires sociaux. Dans le même temps, ministres et majorité n’ont eu de cesse de rappeler qu’aucun changement de cap n’était à l’ordre du jour.
L’intersyndicale qui s’est tenue, le 2 février au soir, a donc convenu de laisser un délai à l’exécutif pour que celui-ci réponde aux deux millions de salariés qui ont réclamé des mesures en faveur du maintien des emplois, de l’amélioration du pouvoir d’achat et de la réduction des inégalités, d’un plan de relance orienté vers l’emploi et le pouvoir d’achat en particulier des plus précaires, de la préservation et de l’amélioration des garanties collectives et de la réglementation de la sphère financière internationale. Au-delà de ces grandes orientations, le gouvernement est attendu sur des mesures concrètes : aide à la consommation, en particulier des plus modestes, mise en œuvre anticipée du RSA, mesures à destination des jeunes, abandon du bouclier fiscal et de la défiscalisation des heures supplémentaires, mise entre parenthèses de la réforme de l’organisation de l’État et des suppressions de postes dans la fonction publique.
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