Après un Sommet social sur fond de
rigueur, la mobilisation du 27 mai, à l’appel de l’intersyndicale, reste
plus que jamais d’actualité. Certes, les mesures de soutien à l’emploi,
obtenues en 2009 à l’issue de mobilisations massives, ont été
reconduites pour l’essentiel : formation pendant le chômage
partiel, renforcement de l’alternance, accompagnement renforcés des
salariés en fin d’intérim et de CDD, etc. « Une bonne
chose », a estimé le secrétaire général de la CFDT, François
Chérèque, car « ces mesures sont utiles ».
Inégalités
Mais c’est le seul point de
satisfaction. Pour le reste, le chef de l’État s’est refusé à reconduire
les mesures de soutien au pouvoir d’achat, qui avaient permis d’aider
les plus modestes dans cette période de crise. Aucune avancée non plus
sur les situations d’emploi et de conditions de travail dans les
fonctions publiques. Enfin, le maintien de la défiscalisation des heures
supplémentaires, qui joue contre l’emploi, génère une situation « insupportable »,
a dénoncé François Chérèque. Et ce dans un climat où la réduction des
déficits publics fait craindre des choix aggravant les inégalités.
« Les premiers à en faire
les frais sont les plus modestes dans notre pays, a regretté le
secrétaire général de la CFDT. Tout ça augure mal des discussions que
nous aurons dans les mois et les semaines qui viennent tant sur le
budget de l'Etat que sur les retraites. »
Raison de plus pour réussir la
journée d'action du 27 mai à l'appel de l’intersyndicale (CFDT, CGT FSU,
Solidaires et Unsa). Une mobilisation massive doit permettre de
réclamer une fiscalité plus juste pour réduire les inégalités, de peser
pour les salaires, de défendre l’emploi stable et des services publics
de qualité.
Retraites
Alors que le gouvernement s’apprête à
rendre publiques ses orientations sur la réforme des retraites, il
s’agira aussi de rappeler que celle-ci ne pourra pas se faire sans
davantage de justice sociale : une plus juste répartition des
richesses, la réduction des inégalités, l’égalité entre les femmes et
les hommes au travail, le maintien de l’âge légal de départ en retraite à
60 ans, la reconnaissance de la pénibilité du travail et la possibilité
d'ouvrir des droits à un départ anticipé à la retraite. Face à une
réforme que le gouvernement veut mener au pas de charge, c’est
maintenant qu’il faut se mobiliser !