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Page 1 sur 4 Suicides au travail : la banque peine à briser le silence
Après trois morts en quelques mois, les banques acceptent enfin de se saisir du problème. Et d'en parler.
Le 21 janvier 2008, jour où les bourses mondiales s'effondraient, un employé de la BNP Paribas s'est pendu dans son bureau. Trois semaines avant, de retour de vacances, les employés du siège de la HSBC découvraient le corps de Pierre, un cadre de la banque, dans les toilettes. A la Société Générale, un trader s'est jeté d'une passerelle l'an dernier. Une information confirmée... six mois plus tard.
Un phénomène que directions et syndicats commencent à prendre au sérieux, après des années de silence.
Premier cas : un père de famille, conseiller dans une petite agence de l'Aveyron
Daniel avait 45 ans. Marié, deux enfants, il travaillait à la BNP Paribas depuis plus de vingt ans et presque autant dans la petite agence de Villefranche-de-Rouergue, dans l'Aveyron. Il était conseiller en patrimoine financier. Jeudi 17 janvier, il a rendez-vous à Albi avec deux responsables commerciaux pour son entretien annuel d'évaluation. La méthode est rôdée: chaque début d'année, les cadres se voient passer au crible des objectifs fixés l'année précédente. La discussion se passe mal. Daniel n'a pas atteint ses objectifs commerciaux.
Avant de se pendre dans son bureau, le jour même où les Bourses mondiales s'effondrent et où la Société Générale liquide les positions de Jérôme Kerviel, Daniel laisse deux lettres. La première, que nous avons pu lire, est adressée à sa femme. Il y évoque un malaise personnel, mais surtout un contexte professionnel oppressant. S'il ne met pas en cause sa direction ad hominem, le ton est aussi sévère que désespéré.
Dans la seconde lettre, adressée au responsable régional du groupe d'Albi, Daniel aurait exprimé son souhait de voir la banque prendre soin de l'avenir de ses enfants. Sa veuve a décidé de déposer une plainte contre X pour "harcèlement moral". L'enquête est en cours.
Dernière mise à jour : 28-04-2008 10:15
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