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Crise financière 3 questions à V. Descacq Convertir en PDF Version imprimable
Écrit par J. Citron   
03-10-2008
 

Favoris : 6

Crise financière, 3 questions à Véronique Descacq, secrétaire générale de la Fédération des banques La finance mondiale défraie la chronique depuis maintenant plus d’un an.

En première ligne, la Fédération CFDT des banques doit faire face à l’accélération de la crise. Sa secrétaire générale, Véronique Descacq, fait le point.

 

Quelle est l’analyse de la Fédération CFDT des Banques sur la crise de la finance mondiale ?

Nous avons, dès le début de la crise des subprimes, pointé la nécessité de mieux réguler le système financier mondial. Notre analyse n’a donc pas réellement changé. C’est l’ampleur de la crise que nous n’avions pas prévue à l’époque. Encore aujourd’hui, personne ne semble pouvoir prédire ce qui va se passer. Les informations que nous avons sont souvent contradictoires et peu vérifiables. On nous dit par exemple que les banques françaises sont à l’abri grâce à leur modèle “universel” (qui associe banque de détail et banque d’affaires). C’est peut-être vrai aujourd’hui, mais si la crise perdure, que va-t-il se passer ? Une chose paraît certaine, nous allons assister à une vaste recomposition du secteur qui devrait avoir des conséquences sur le travail des salariés.

Craignez-vous la multiplication de plans sociaux dans le secteur ?

Il y a déjà des plans sociaux et des vagues de restructuration. Il y a eu une première vague qui a débuté avant la crise, comme les 4 000 suppressions d’emplois annoncées à la Caisse d’Épargne ou, dans une moindre mesure, les 850 emplois supprimés chez Natixis. Nous nous attendons aujourd’hui à une deuxième vague, plus importante cette fois-ci, notamment parce que la restructuration du paysage bancaire européen va conduire à des rapprochements entre les établissements. De tels mouvements ont toujours des répercussions sur l’emploi. Les métiers de la banque vont de plus profondément évoluer, ce qui risque de provoquer des bouleversements pour les salariés. Notre rôle est précisément d’essayer d’anticiper ces mouvements pour que les salariés puissent avoir leur mot à dire.

Justement, êtes-vous en contact avec les directions des grandes banques ?

Malheureusement non, et ce n’est pas faute de vouloir instaurer un dialogue. Les dirigeants des grandes banques ont jusqu’à présent traité la crise entre eux et avec le gouvernement sans que les représentants des salariés du secteur aient été consultés. Nous comprenons qu’il est difficile de communiquer dans une période d’incertitude, mais il n’est pas normal qu’ils nous ignorent totalement. Les salariés, qui craignent aujourd’hui de payer les conséquences de cette crise, tant au niveau de leur emploi que de leur épargne salariale, attendent davantage d’écoute. De plus, les militants des banques sont aussi inquiets pour les autres salariés qui risquent de subir les effets collatéraux de cette crise.

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Dernière mise à jour : 07-10-2008 08:46

   
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